Satisfaire les nouvelles exigences esthétiques

La volonté de modifier son apparence n’est pas une idée neuve, cette paraphrase de la célèbre citation de Saint-Just sur le bonheur veut simplement dire que notre modernité n’a pas l’apanage des “techniques” destinées à modifier et le plus souvent a embellir le visage et la silhouette.

Corset, rondeurs…..Un autre temps

Avant la Révolution Française, la mouche, le corset et beaucoup de fard permettent d’authentifier son appartenance à l’aristocratie, c’est-à-dire à l’ordre privilégié.

Le maquillage et le vêtement servent en fait tout à la fois à cette distinction et à masquer les données brutes de la biologie des corps et le dépérissement.

Rappelons à cet égard qu’avant 1789, la durée de vie moyenne en France tourne autour de 30 ans et même si les nobles sont mieux lotis que les paysans ou les artisans des villes, les traces du temps qui passe apparaissent beaucoup plus tôt qu’à notre époque.

En Orient, les belles femmes sont jusqu’au milieu du 20 ème siècle les femmes rondes, il s’agit donc pour une jeune femme nubile de s’arranger pour prendre des formes afin de plaire à un homme.

Là encore, il s’agit de dépasser le fait de nature afin de se conformer à des normes qui autorisent ou non l’accès à la vie en société.

De nouvelles exigences

Sans verser dans l’illusion rétrospective, on pourrait donc déduire de ce qui précède que l’histoire portait déjà de façon latente l’idée d’un art de la modification et de l’arrangement physique qui pourrait être le prélude à notre chirurgie esthétique.

D’ailleurs dès le 19ème siècle, on voit par exemple apparaitre des tentatives pour améliorer l’apparence de la poitrine de femmes meurtries par un accident ou la maladie.

Notre siècle est prisonnier de l’image vorace, car les codes sociaux qui établissent les normes esthétiques sont renforcés par la présence envahissante de leurs représentations.

Les grandes affiches dans les lieux publics, les spots de publicité et l’importance majeure d’internet interdisent l’exception.

Il devient presque anormal de vieillir et la forme d’un nez ou d’un menton sont devenus des arguments en faveur ou en défaveur de celle ou celui qui se présente en rendez-vous de recrutement pour un poste.

On comprend dès lors pourquoi les chirurgiens esthétiques sont de plus en plus sollicités au nom d’un souci de performance physique très prégnant.

La femme de 40 ans voudra un lifting de l’ovale du visage pour ne pas être mise à l’écart dans sa société, le commercial conquérant voudra éliminer les boules de graisse qu’il a sous les yeux au motif qu’elles lui donnent l’apparence d’un homme triste et fatigué.

Le praticien d’aujourd’hui doit faire attention, car il est sommé d’apporter une aide, voire un réconfort qui ne sont pas toujours en son pouvoir, et c’est bien cela que les candidats à une chirurgie plastique doivent avoir en tête : il s’agit d’un acte de médecine et non de magie.

Par le Docteur Mezhoud